Beauté et estime de soi : des liens complexes et puissants

Beaucoup d’entre nous ont rencontré cette femme aux traits symétriques et aux formes harmonieuses qui, sûre de ne pas paraître belle, semble mois rayonnante que son amie au teint imparfait et à la silhouette moins gracieuse toutefois plus à l’aise avec son apparence. C’est que d’après de nombreux spécialistes de la psychologie sociale, la beauté va de pair avec l’estime de soi – cet état d’esprit mêlant acceptation, tolérance, respect et satisfaction à l’égard de soi qui mène à agir conformément à qui l’on est, avec toutes ses qualités et tous ses défauts, « tout en excluant les sentiments de supériorité et de perfection », décrit le psychologue Morris Rosenberg qui a défini ce concept. Explications.

S’estimer soi-même rend plus beau aux yeux des autres

« Il est vrai que des études ont montré que certains critères physiques étaient vus comme […] attirants par la majorité des personnes (comme un visage régulier et symétrique) », admet psychologue.net (https://www.psychologue.net/articles/lestime-de-soi-nous-rend-elle-plus-beaux). Cependant, d’après ce média, la beauté transcenderait le corps et ses traits purement physiques : « il existe beaucoup d’autres [caractéristiques perçues comme des critères de beauté] sur [lesquelles] on peut avoir une influence : la posture, la gestuelle ou encore l’attitude », souligne psychologue.net. En effet, un individu perçu comme beau par une certaine part de son entourage ne peut pas être réduit à corps conforme à des canons de beauté universels – tous les critères de beauté s’inscrivent dans une culture, une époque et un lieu donnés. Il s’agit plutôt d’un être humain qui évolue dans un environnement particulier au sein duquel il se présente d’une façon unique et avec lequel il communique et interagit via un ensemble singulier de paroles et d’intonations, de gestes et de mimiques, etc. La beauté est donc bien en grande partie comportementale.

Or, le comportement des individus qui disposent d’une grande estime d’eux-mêmes est souvent considéré comme particulièrement attirant. « Une fois que l’on s’estime suffisamment, notre personne, nos qualités, deviennent séduisantes car elles sont la marque d’un équilibre et d’un bien-être, et non le reflet de manques », affirme psychologue.net : les individus qui s’estiment semblent beaux dans la mesure où ils ne semblent plus jouer un rôle qui ne leur conviendrait pas, où ils habitent enfin pleinement leur corps.

Se sentir beau ou belle favorise l’estime de soi

Mais comment s’estimer soi-même ? Il semble qu’il n’existe pas de recette miracle permettant de se tenir soi-même en haute estime. En effet, l’histoire personnelle, la personnalité ou le milieu de vie de chacun donne à tout individu une relation singulière avec lui-même. Ainsi, certaines personnes manifestent très tôt une très grande confiance en eux tandis que d’autres doivent passer par de longues psychothérapies avant de s’estimer eux-mêmes. Cependant, il existe des éléments qui tendent à favoriser l’estime de soi chez la plupart des individus. Il s’agit par exemple de la connaissance de soi. De même, se sentir beau ou belle favoriserait également l’estime de soi – ce qui augmenterait ensuite encore la beauté extérieure, dans la logique d’un cercle vertueux.

C’est pourquoi de nombreux ateliers de maquillage ou de coiffure se développent notamment en France auprès de publics singuliers tels que des populations défavorisées ou des malades soignés par des chimiothérapies anti-cancéreuses, très délabrantes. « Quand la précarité [ou la maladie] isole, fragilise et affecte l’estime de soi, des soins esthétiques peuvent aider des femmes à changer leur regard sur elles-mêmes, regagner confiance en elles et retrouver leur place dans la société », indique à Madame Le Figaro (https://madame.lefigaro.fr/beaute/pourquoi-la-beaute-favorise-estime-de-soi-operation-une-journee-pour-soi-090320-180266) Sylviane Balustre-d’Erneville, directrice des programmes Beauté inclusive de la Fondation L’Oréal.

Rester critique vis-à-vis des images

Si quelques initiatives centrées sur l’apparence visent à renforcer l’estime que les individus – et en particulier les femmes – se portent à eux-mêmes, l’abondance des images proposant des modèles de beauté inaccessibles tend plutôt à saper l’estime de soi. « Le modèle de Miss Univers correspondrait en réalité à une femme sur 500 pour la silhouette et une sur 40 000 pour le look. On peut donc imaginer le nombre de femmes qui se sentent inadéquates », souligne sur son blog le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF) (http://rqasf.qc.ca/blogue/image-femmes-estime-de-soi). Ainsi, en attendant qu’une société plus tolérante et tournée vers divers types de beauté émerge, afin d’entrer plus facilement dans le cercle vertueux au sein duquel estime de soi et beauté se favorisent l’une et l’autre, peut-être faut-il prendre ses distances avec les canons esthétiques véhiculés par divers médias – des publicités aux réseaux sociaux en passant par les magazines féminins. Et s’accepter pour ce que l’on est, loin des écrans,  des panneaux publicitaires, des selfies retouchés et autres miroirs déformants.

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